Tout savoir sur l’habitat écologique

L’habitat écologique est à l’heure actuelle de plus en plus répandu. Plus responsable de l’environnement, moins coûteux en termes de dépenses énergétiques, l’habitat écologique se retrouve sous bien des dénominations : maison passive, BBC, maison durable ou encore maison éco-responsable. S’agit-il du même type d’habitations ? Quelles sont leurs caractéristiques ? Dans ce guide, nous passerons en revue les différents types d’habitats écologiques et la façon pour vous d’accéder à l’un d’eux. Suivez le guide !

 

 

Qu’est-ce qu’un habitat écologique et en quoi est-ce utile ?

Une maison écologique est une maison qui a été imaginée et construite selon des processus respectueux de l’environnement, et à l’aide de matériaux qui le sont tout autant. La maison écologique ou durable s’intègre au mieux à son environnement attenant, elle ne le dégrade pas mais vient plutôt le compléter. Cela est sans conteste le premier avantage de la maison durable, un argument qui la différencie des maisons traditionnelles dans lesquelles l’orientation du terrain ou encore sa flore naturelle sont rarement pris en compte.

Une maison écologique, c’est également une maison qui n’émet que très peu d’émissions de gaz à effet de serre. Comment ? En étant avant tout composée de matériaux naturels et éco-responsables (pas de peinture chimique, par exemple). La maison durable est également fournie en équipements de chauffage ou encore d’eau ne nécessitant peu voire pas d’énergies fossiles. Les énergies renouvelables sont quant à elles les plus plébiscitées. Cela peut se traduire par la présence de panneaux solaires ou de chauffe-eaux solaires, d’éoliennes domestiques ou encore de pompes à chaleur géothermiques, captant les calories présentes dans le sol et les nappes phréatiques. En règle générale, les équipements et les matériaux constitutifs d’une maison écologique coûtent plus cher que les installations traditionnelles puisqu’elles offrent davantage de performance. Aussi, l’habitat écologique offre souvent une belle surface habitable, ceci pour pouvoir notamment intégrer l’ensemble des équipements nécessaires à son fonctionnement. L’un dans l’autre, cela explique le prix plutôt élevé des habitations écologiques à l’heure actuelle sur le marché.

Pourtant, si vous êtes intéressé à l’idée de faire l’acquisition de ce type de maison, cela ne doit pas vous décourager ! Il existe plusieurs manières de réduire les coûts, et vous pouvez tout à fait imaginer une maison plus petite, à hauteur de votre budget. Enfin, notons que la maison écologique est beaucoup moins onéreuse à l’usage. Votre maison est mieux isolée, mieux agencée. Vos besoins en énergie sont réduits et vous consommez donc moins d’énergie fossile. En dépendant moins des réseaux publics, il vous est possible de réduire drastiquement votre facture énergétique annuelle et donc de réaliser des économies d’énergie que l’on pourrait qualifier de substantielles sur le long terme.

 

Bon à savoir : le côté éthique de l’habitat écologique

La maison écologique est également une maison éthique, la plupart du temps. Elle doit être construite au maximum par des acteurs de votre département et faire intervenir de la main d’œuvre locale qualifiée, dans le but de permettre de consolider le marché économique qui y est présent mais également de créer du lien social. Pour faire construire une maison écologique, il vaut mieux se rapprocher d’artisans ou d’entreprises locales étant certifiées RGE (Reconnues Garantes de l’Environnement). Cela prouve qu’au moins l’un de leurs employés est formé aux travaux de rénovation énergétique et connaît de ce fait l’empreinte carbone des matériaux et équipements constitutifs de l’habitation. Votre chantier sera entre de bonnes mains !

 

Les différents types d’habitats écologiques

Est-ce qu’une maison disposant de panneaux solaires peut être qualifiée d’habitat écologique ? Toutes les maisons neuves aux dernières normes sont-elles d’emblée des maisons écologiques ? Un appartement peut-il également être qualifié d’habitat durable ? Autant de questions que vous vous posez sans doute si vous n’êtes que peu familier avec ce concept. Nous y répondons pour vous, en dressant la liste de quelques habitations que l’on peut qualifier de durables ou “vertes”.

La maison passive, d’abord (ou maison BBC - Bâtiment Basse Consommation) peut être qualifiée de maison écologique. Son but premier ? Générer le moins d’émissions de gaz à effet de serre en étant le plus économe en énergie. Ici, les équipements à base d’énergies renouvelables sont à l’honneur. En revanche, les matériaux constitutifs du logement ne sont pas forcément tous écologiques. L’enjeu est l’atteinte de la meilleure performance possible. Les maisons (ou appartements) BBC sont aujourd’hui la norme en matière de construction. Ils répondent à la RT (Réglementation thermique) 2012 et confèrent un très bon confort de vie à l’usage. Ils sont également particulièrement bien isolés thermiquement, pour minimiser les besoins énergétiques du foyer.

La maison autonome, ensuite, est sans conteste la championne des maisons écologiques. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle produit sa propre énergie du fait d’équipements de qualité. Elle ne dépend donc pas du tout des réseaux publics, et ses émissions de gaz à effet de serre sont inexistantes ou presque. Pour atteindre de telles performances, il est nécessaire que tous les éléments constitutifs de la maison soient écologiques. Ce type d’habitat est donc beaucoup plus onéreux mais également beaucoup plus “vert” que la maison passive, actuellement la norme.

La maison écologique peut être bâtie de façon traditionnelle ou bien être construite en kit, autrement dit être composée de blocs écologiques pré assemblés en usine et livrés sur le chantier. Pour réduire les coûts, il s’agit de la solution idéale ! Vous devrez en revanche mettre davantage la main à la pâte.

 

Quels sont les matériaux et les équipements constitutifs d’une maison écologique ?

Comme dit précédemment, les matériaux et équipements constitutifs d’une maison durable sont garants du caractère éco-responsable de ladite habitation.

Les matériaux écologiques d’une maison verte

Construire de façon éco-responsable, c’est utiliser des matériaux dont l’énergie grise est réduite.

 

Qu’est-ce que l’énergie grise ?

Il s’agit tout simplement de la quantité d’énergie nécessaire au matériau durant tout son cycle de vie. Chaque étape nécessite effectivement plus ou moins d’énergie. L’extraction du matériau et son transport depuis sa localisation d’origine utilisent potentiellement de l’eau, de l’électricité et du carburant pour ce qui est de l’acheminement. La transformation en usine constitue également une étape particulièrement énergivore. Enfin, la pose, l’usage et le recyclage du matériau entrent aussi dans les étapes de vie citées. En matière d’empreinte carbone, une seule règle : plus il y a d’énergie consommée, plus le matériau est impactant sur son environnement. Et dans le cadre de la construction d’un habitat écologique, c’est justement ce que l’on souhaite éviter.

 

Choisir les bons matériaux : comment ça se passe ?

Bien entendu, il n’est pas pour autant évident de quantifier l’énergie grise d’un matériau ! Pour faire le bon choix, vous devrez vous laissez guider par le professionnel auquel vous ferez appel lors de la construction. En revanche si vous souhaitez faire vos propres choix de matériaux, voici les questions que vous devrez vous poser :

  • Le matériau en lui-même est-il de provenance naturelle ou a –t-il été créé chimiquement ?
  • A-t-il été particulièrement transformé en usine ? Compte-t-il beaucoup d’adjuvants et de liants ? Ces composés sont souvent ajoutés aux matériaux naturels utilisés pour la construction ou l’isolation d’une habitation pour conférer au matériau final élasticité, robustesse ou encore étanchéité. Or, même si le matériau d’origine est naturel, ces composés additionnels peuvent être néfastes pour la santé et pour l’environnement !
  • Son extraction contribue-t-elle à appauvrir son milieu environnant ?
  • Le matériau est-il acheminé depuis votre département, depuis la France ou provient-il d’ailleurs ? Notons qu’il est souvent préférable d’utiliser un matériau transformé mais de provenance locale plutôt que de miser sur l’équation inverse.

Quelques matériaux écologiques ou “éco-responsables” phares

Comme dit précédemment en matière d’habitat écologique, les matériaux doivent être produits en majorité localement, et être naturels. Un grand nombre de matériaux font très bien l’affaire et sont, contre toute attente, très bien connus du grand public ! Il s’agit du bois, notamment, des briques de terre cuite ou de terre crue, de la paille... Pour ce qui est de l’isolation, les éco-matériaux les plus courants sont les laines végétales telles que la laine de lin, la laine de chanvre ou encore la ouate de cellulose ou la fibre de bois.

Le chanvre, tout comme le bois, est particulièrement utilisé en écoconstruction : abordable, sa robustesse n’est plus à prouver ! Son utilisation dans tous types de secteurs remonte à plusieurs milliers d’années déjà. L’autre avantage du chanvre, c’est qu’il pousse presque sans demander d’entretien ni d’eau. La plante est également naturellement résistante contre les nuisibles : nul besoin donc, de pesticides !

Si l’on reprend maintenant l’exemple du bois, celui-ci est utilisé également pour ses qualités physiques notamment en Amérique, en Asie et en Europe du Nord. Le bois serait en moyenne 15 fois plus isolant que le béton traditionnel ! En France, les maisons à ossature bois (ou à dominante de bois) sont présentes à environ 15% seulement. Un pourcentage qui tend toutefois à augmenter en même temps que la sensibilisation de la population aux problématiques environnementales. Le bois détient également des avantages en termes d’esthétique et de confort. Attention : le bois est naturel, mais pour un impact écologique moindre, celui-ci doit préférablement provenir de forêts gérées durablement et détenir le label PEFC. Une forêt gérée durablement, c’est une forêt dans laquelle un arbre est planté chaque fois qu’un arbre est taillé. De ce fait, le bilan carbone de l’extraction est nul. Pensez-y ! C’est important.

Soulignons qu’en matière de bois, il existe également le parpaing en bois, 100% naturel et tout aussi résistant que les parpaings traditionnels (voire davantage).

Qu’en est-il de la paille ? Nous direz-vous. Est-il vraiment possible de construire une maison en paille ? Contre toute attente, la réponse est oui. Les murs comblés de paille doivent toutefois être maintenus par une ossature en bois, par exemple. Très isolante, la paille une fois bien compactée en bottes n’est pas plus inflammable que la brique, et est surtout très résistante ! Autre argument à mettre dans la balance : la paille compte parmi les matériaux les plus abordables du marché. Il serait donc dommage de balayer cette possibilité...

 

Les différents équipements d’un habitat écologique

Une maison éco-construite, c’est bien. Mais pour être réellement écologique, ladite maison doit également disposer d’équipements économes en énergie ceci pour réduire de façon significative l’empreinte carbone du logement sur le long terme. Ci-dessous, nous avons dressé la liste de quelques équipements souvent inclus dans un habitat écologique.

  • Le chauffe-eau solaire. Cet équipement est une petite merveille de technologie en cela qu’il tire sa puissance des calories présentes dans les rayons du soleil. Celui-ci doit donc être relié à des panneaux solaires sur-toiture (entre 3 et 5 m² sont la plupart du temps nécessaires). Une fois l’énergie accumulée, celle-ci est transformée à la fois en électricité par les panneaux solaires et en eau chaude sanitaire. L’énergie est transportée pour cela via un fluide caloporteur. Bien souvent, le chauffe-eau solaire permet de répondre entre 50% et 60% aux besoins de l’ensemble du foyer. Autrement dit, vous êtes susceptible de diviser par 2 environ votre facture d’eau ! Côté prix d’acquisition, il vous faudra généralement compter entre 5 000 et 7 000 € HT. Un prix toutefois rapidement rentabilisé du fait des économies d’énergie que vous générerez.
  • Le poêle à pellets à inertie. Les pellets, ce sont de petits copeaux faits de chutes de bois recueillies et agrégées. Ce combustible compte parmi les plus écologiques et les plus économiques du marché ! Il a également un meilleur pouvoir de combustion que le bois bûche puisque son taux d’humidité est inférieur à 8%, et contribue à des fumées moins néfastes pour l’environnement. Nulle surprise donc, que le poêle à pellet à inertie compte parmi les équipements phares de l’habitat écologique, quel que soit sa nature. Le poêle à pellets est un poêle somme toute classique, qui fonctionne à base de biomasse. Il est le plus souvent installé dans une pièce de vie (salon, salle à manger, cuisine) et transmet la chaleur générée aux étages supérieurs via des conduits dédiés à cela. Pour ce qui est du type de chaleur, celle d’un poêle à pellets est relativement forte et homogène. Le confort thermique l’habitation est ainsi assuré. Notons que dans le cas d’un poêle à pellets à inertie, cette chaleur est accumulée par la structure, pour être diffusée en continu même lorsque le poêle est éteint ! Cette restitution peut s’effectuer jusqu’à 12 heures après extinction, sur les appareils les plus performants. C’est le must en matière d’écologie ! Pensez notamment à vous fournir en pellets
  • La pompe à chaleur aérothermique ou géothermique. La pompe à chaleur est un équipement particulièrement répandu à l’heure actuelle. Ecologique et au prix relativement abordable (pour les modèles aérothermiques), la pompe à chaleur permet de combler une grande partie des besoins en chauffage du foyer. Pour cela, nul besoin d’utiliser les énergies fossiles mais plutôt les énergies renouvelables : air, eau. Il existe plusieurs types de pompes à chaleur, adaptables en fonction de vos besoins et de la configuration de votre habitation écologique.
  • La pompe à chaleur aérothermique (air – air). Installée en module extérieur et reliée à l’intérieur dans chaque pièce par des bouches d’aération, la PAC air – air contribue à assurer les besoins en chauffage du foyer. Pour fonctionner, celle-ci utilise les calories présentes dans l’air extérieur (même si celui-ci est froid). Elle les achemine ensuite vers l’intérieur et les transforme en chaleur. En règle générale, comptez diminuer votre facture de chauffage par 3, grâce à l’installation d’une PAC air – air. C’est non négligeable ! Côté prix, il vous faudra débourser environ 1 500 à 3 000 € HT. Attention : l’inconvénient de la PAC air – air est qu’elle doit tout de même être couplée à un système de chauffage traditionnel, notamment lorsque les températures extérieures sont souvent très basses ou négatives (Nord de la France, par exemple).
  • La pompe à chaleur aérothermique (air – eau). Celle-ci fonctionne sur le même principe que la pompe à chaleur air – air, mais permet également de réchauffer l’eau chaude sanitaire de l’habitation : un double usage particulièrement avantageux sur le long terme. Les pompes à chaleur de type aérothermique s’installent en général très facilement. Il vous suffit de disposer d’un petit jardin ou d’une cour. Attention toutefois au bruit généré par la pompe, plus ou moins incommodant selon le modèle sélectionné. Enfin, notez que la PAC air – eau tout comme la PAC air – air doivent généralement être couplées à des émetteurs de chaleur douce (eux aussi respectueux de l’environnement) comme à un plancher chauffant, par exemple.
  • La pompe à chaleur géothermique. Cette pompe à chaleur est un peu différente en cela qu’elle utilise l’énergie présente dans le sol et dans les nappes phréatiques en profondeur. Ne dépendant pas de la qualité de l’air extérieur, la pompe à chaleur géothermique est plus performante que les PAC aérothermiques, plus chère également. Il existe deux types de pompes à chaleur géothermiques : la PAC géothermique à capteurs horizontaux (moins chère) et à capteurs verticaux (plus onéreuse). La première nécessite l’installation sous la surface du terrain (entre 0.5 et 3 mètres) de petits capteurs espacés de quelques mètres et ce, sur une grande partie (voire sur tout) du terrain. La PAC géothermique à capteurs verticaux nécessite quant à elle un forage à plusieurs dizaines de mètres de profondeur ! Plus performante encore, elle puise les calories nécessaires au chauffage de l’habitation dans les nappes phréatiques. Très fiable sur le long terme, elle est adaptée lorsque la superficie du terrain ne permet pas l’installation de capteurs horizontaux. Toutefois, elle fait souvent peur de par son prix : entre 15 000 € et 20 000 € en moyenne, là où la PAC à capteurs horizontaux coûte plutôt 9 000 € à 12 000 € HT. A vous de peser le pour et le contre !

 

 

 

D’autres équipements sont bien entendus caractéristiques de l’habitat écologique. Celui-ci dispose de récupérateurs d’eau de pluie, par exemple, ou encore de toilettes sèches, ceci pour réduire considérablement la consommation en eau du ménage. A défaut de tels équipements (ou en complément), il est possible d’installer aux robinets, à la chasse d’eau et dans la douche de petits équipements régulateurs permettant de diviser par deux l’eau utilisée.

Enfin, des systèmes spécifiques de traitement des déchets sont nécessaires pour construire un habitat écologique. Un compost complète bien entendu l’installation. Il est à noter que l’habitat écologique doit être éco-responsable non seulement de par sa construction mais aussi par son usage ! Le traitement des déchets doit ainsi être pris en compte au même titre que les autres problématiques, de chauffage ou d’électricité.

Pour finir, si vous débutez dans votre projet de maison écologique, il est nécessaire de vous faire accompagner par un professionnel. Celui-ci vous dirigera vers les équipements les plus adaptés, à la fois en termes de budget mais aussi de performances énergétiques et de réponse aux besoins de votre foyer. Si vous souhaitez opter pour construction éco-responsable mais n’avez pas le budget permettant l’installation d’équipements performants, vous pouvez aussi choisir des appareils de milieu de gamme, mais attention : repérez a minima la mention A ou A+ sur son étiquette énergétique.

A présent, vous en savez davantage sur l’habitat écologique et ses caractéristiques. Un tel logement coûte cher, à l’achat comme à la construction. Toutefois, il s’agit ici de faire un pari d’avenir et donc de voir au-delà la barrière du prix d’acquisition. Et si vous vous renseigniez à ce sujet dans les prochaines semaines ?